Évangile selon saint Matthieu chapitre 24, versets 36-41

Nul n’en connaît l’heure : veillez !

36 Quant à ce jour et à cette heure-là, nul ne les connaît, pas même les anges des cieux, pas même le Fils, mais seulement le Père, et lui seul.
37 Comme il en fut aux jours de Noé, ainsi en sera-t-il lors de la venue du Fils de l’homme.
38 En ces jours-là, avant le déluge, on mangeait et on buvait, on prenait femme et on prenait mari, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche ;
39 les gens ne se sont doutés de rien, jusqu’à ce que survienne le déluge qui les a tous engloutis : telle sera aussi la venue du Fils de l’homme.
40 Alors deux hommes seront aux champs : l’un sera pris, l’autre laissé.
41 Deux femmes seront au moulin en train de moudre : l’une sera prise, l’autre laissée.

Évangile selon saint Matthieu chapitre 24, versets 36-41

L’esprit de veille

précédente

Dans une précédente méditation, j’indiquais que les signes de la venue de Dieu pouvaient être discrets : notre évangile le confirme. Mais il y ajoute maintenant un reproche et une invitation : le reproche touche l’insouciance humaine, l’invitation concerne la veille. L’insouciance n’est pas en soi contradictoire avec l’attention à Dieu et aux hommes, comme le souligne le Cantique des Cantiques : « Je dors, mais mon cœur veille »*. En fait, ce qui est visé est cette insouciance qui nous tourne vers nous-mêmes au mépris de Dieu et des hommes : « on mangeait, on buvait, on prenait femme... [... ] Les gens ne se sont doutés de rien jusqu’à ce que survienne le déluge. »
La veille n’a pas non plus grand-chose à voir avec l’idée courante que l’on s’en fait, à savoir une dispense de sommeil qui ne saurait durer très longtemps. Ce que demande Jésus est une attention du cœur, celle dont il vient d’être question dans le Cantique, celle qui, bien exercée, voit ce que d’autres ne voient pas, à la manière d’un photographe : elle est, utilisons un mot de la photographie, un révélateur de la présence divine. Elle est un fruit de la présence de l’Esprit, lui qui sonde tout jusqu’aux profondeurs de Dieu**.


* Cantique des Cantiques ch 5 v 2
** Première lettre de saint Paul aux Corinthiens ch 2 v 10

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8 commentaires

Veillez ! Non pas la veille qui précède le sommeil, mais une veille active, comme quand on attend quelqu'un d'important : il faut que la maison soit propre et belle, fleurie, rien ne doit manquer au confort de l'hôte pour qu'il se sente bien, pour qu'il se sente désiré et aimé ! C'est d'ailleurs le sens que nous donnons à l'AVENT : préparer la venue de Jésus, Dieu fait homme à NOEL .
Veillez, c'est se préparer au retour du Fils de l'homme, préparer son coeur à la rencontre, sans savoir ni le jour ni l'heure....
Seigneur, garde-nous prêt à tout moment, dans la confiance et l'espérance, "garde-nous au départ et au retour, maintenant et à jamais" (Ps 120)

Par Mamoune 23 octobre 2019 à 15 h 33 Répondre à ce commentaire

Ce texte m'a toujours fait frémir....Qui sera sauvé ?
L'un sera pris, l'autre sera lassé...
L'une sera prise....l'autre sera laissée...
Serais-je prise ou laissée ?
Les miens seront-ils pris ou laissés ?
Merci de me rassurer....
Suzanne Gervais
Joliette, Québec

Par Suzanne Gervais 23 octobre 2019 à 14 h 58 Répondre à ce commentaire

En ce temps d'automne, les rouges, les verts, les jaunes , attirent l'œil du photographe:
Cependant, "l'important n'est pas de tout photographier, mais de trouver plutôt quelques secrets cachés d'une même humanité"..."révélateur de la présence divine" comme vous le dites frère Hervé.

Par Emma 23 octobre 2019 à 10 h 41 Répondre à ce commentaire

Merci fr Hervé ,
les profondeurs des hommes , et celle de Dieu , allez savoir dans quelle main l'homme
avance , avec celle du Christ , on peut sans cesse trouver un coeur qui veille vraiment ,
et pourquoi pas se reposer s'y blottir comme un petit enfant .
Le joug de celui-ci est si léger , alors des petits frères et soeurs à venir veillons à laisser
une brise légère apaisante , rassurante d'amour , comme un baiser sacré . Comment rendrais-je au Seigneur tout le bien qu'Il m 'a fait ?
Le Seigneur est vrai en tout ce qu'Il dit , fidèle en tout ce qu'Il fait (psaume 145)
Prenons le large avec Jésus ...même en dormant ...Dieu nous nourrit .
Dieu est le Dieu des vivants ... éternel est son amour.

Par Fred 23 octobre 2019 à 10 h 05 Répondre à ce commentaire

Amusant de lire ce texte et cette médiation aujourd'hui à Montpellier, près du frère Hervé, avec le temps qu'il fait ici : c'est le dé-lu-ge, au sens propre !!! chouette clin Dieu : soyons tous des veilleurs ! qu'on soit ici ou ailleurs !
J'espère le Seigneur de toute mon âme ; je l'espère, et j'attends sa parole. Mon âme attend le Seigneur plus qu'un veilleur ne guette l'aurore. Plus qu'un veilleur ne guette l'aurore, attends le Seigneur ! (Ps 129)

Par Christiane 23 octobre 2019 à 9 h 25 Répondre à ce commentaire

La veille n’est pas "dispense de sommeil"... Me revient ce psaume, attribué à David : "j'interdirai tout sommeil à mes yeux et tout répit à mes paupières, avant d'avoir trouvé un lieu pour le Seigneur, une demeure pour le Puissant de Jacob" (Ps 131, 3-5). Construire une maison pour le Seigneur, c'est bien le projet de David en 2 S 7, projet dont il s'ouvre à Nathan. Mais par la bouche du prophète, Dieu lui répond que, depuis la sortie d'Egypte, il a "voyagé sous une tente et dans un tabernacle" (2 S 7, 6). "Partout où j'ai marché avec tous les enfants d'Israël, [...] ai-je dit : Pourquoi ne me bâtissez-vous pas une maison de cèdre ?" (2S7, 7). Au contraire : "Le Seigneur t’annonce qu’il te fera lui-même une maison" (v.11) dit Dieu à David.
Il me semble que ces versets nous disent quelque chose de la veille, se priver de sommeil n'en est pas le chemin. Dieu n'est pas dans un lieu fixe où l'on pourrait le cantonner et puis vaquer à nos petites affaires comme si de rien n'était. Il marche avec nous, avance avec nous, toujours, partout, dans les plus petites choses de notre quotidien, au champ, au moulin. La veille, c'est bien alors d'avoir le cœur ouvert, l'intelligence du cœur, et les yeux et les oreilles tournés vers ce qui nous entoure, dans ces petits riens qui pourtant sont tout. C'est là que se bâtit la maison, une maison de chair qui ne demande qu'à être habitée, avec Dieu : Jésus, j'y reviens, ne vient-il pas de nous dire qu'il est "proche, à la porte"? (Mt24,33).
Merci!

Par Audrey 23 octobre 2019 à 7 h 37 Répondre à ce commentaire

Merci Audrey pour ces réflexions sur la maison du Seigneur, elles complètent bien cette attention du coeur dont parle le frère, oui frère je dois faire attention à cette insouciance qui me tourne vers moi-même qui, à première vue, est irréalisable pour l'être humain, mais faisable avec l'aide du Christ qui chemine avec nous à chaque instant, en fait Il est en nous , Il fait partie intégrante de nous..., c'est ma foi profonde. Merci Audrey (avec un petit clin d'œil à "la manière d'un photographe..."), merci frère Hervé, en toute amitié, kat

Par Kat 23 octobre 2019 à 10 h 43

Ps 130:1- Cantique des montées. Des profondeurs je crie vers toi, Yahvé
Ps 130:2- Seigneur, écoute mon appel. Que ton oreille se fasse attentive à l'appel de ma prière!
Ps 130:3- Si tu retiens les fautes, Yahvé, Seigneur, qui subsistera?
Ps 130:4- Mais le pardon est près de toi, pour que demeure ta crainte.
Ps 130:5- J'espère, Yahvé, elle espère, mon âme, en ta parole;
Ps 130:6- mon âme attend le Seigneur plus que les veilleurs l'aurore; plus que les veilleurs l'aurore,
Ps 130:7- qu'Israël attende Yahvé! Car près de Yahvé est la grâce, près de lui, l'abondance du rachat;
Ps 130:8- c'est lui qui rachètera Israël de toutes ses fautes.

Par partage 23 octobre 2019 à 6 h 38 Répondre à ce commentaire
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