Évangile selon saint Matthieu chapitre 8, versets 28-34

Les cochons de Panurge

28 Comme Jésus arrivait sur l’autre rive, dans le pays des Gadaréniens, deux possédés sortirent d’entre les tombes à sa rencontre ; ils étaient si agressifs que personne ne pouvait passer par ce chemin.
29 Et voilà qu’ils se mirent à crier : « Que nous veux-tu, Fils de Dieu ? Es-tu venu pour nous tourmenter avant le moment fixé ? »
30 Or, il y avait au loin un grand troupeau de porcs qui cherchait sa nourriture.
31 Les démons suppliaient Jésus : « Si tu nous expulses, envoie-nous dans le troupeau de porcs. »
32 Il leur répondit : « Allez. » Ils sortirent et ils s’en allèrent dans les porcs ; et voilà que, du haut de la falaise, tout le troupeau se précipita dans la mer, et les porcs moururent dans les flots.
33 Les gardiens prirent la fuite et s’en allèrent dans la ville annoncer tout cela, et en particulier ce qui était arrivé aux possédés.
34 Et voilà que toute la ville sortit à la rencontre de Jésus ; et lorsqu’ils le virent, les gens le supplièrent de partir de leur territoire.

Évangile selon saint Matthieu chapitre 8, versets 28-34

Possédés ou possédants ?

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Sur sa route, Jésus rencontre deux possédés. Ils ferment le passage. Mais le Verbe de Dieu, doit avancer, alors, ni une ni deux, il les guérit. Et les deux possédés se trouvent ainsi dépossédés. Il est drôle ce terme, car il a un double sens. Les deux hommes ont été libérés des démons qui avaient pris possession d’eux, mais peut-être aussi ont-ils perdu quelque chose qu’ils possédaient eux-mêmes, ou croyaient posséder. Nous aussi, parfois, nous faisons barrage comme ces deux-là. On ne peut rien nous dire, nous sommes à fleur de peau, nous n’arrivons pas à aller plus loin que la plainte, et nous ne supportons pas la moindre remise en question. Souvent ce blocage trouve son explication dans une souffrance, évidemment. Une blessure, toujours à vif, dont il faut tenir compte et qu’il faut s’employer à soulager. Mais j’ai constaté que parfois, cette blessure, source de souffrances et de fermetures devient partie intégrante de notre vie, de notre identité. Je veux dire que nous nous construisons avec, autour et à partir d’elle. Nous la possédons alors comme un bien, d’une certaine façon.
Nous lui trouvons un usage et nous appuyons sur elle. Par exemple, elle nous rend « intouchables », elle justifie notre irritabilité, notre intransigeance parfois. Ce qui fait mal devient alors comme un élément constitutif, nécessaire, inamovible de notre personnalité. Au point que si on l’enlevait cela entraînerait une déconstruction trop grande. C’est ainsi que cette blessure apprivoisée, qui nous identifie comme « souffrant » et conditionne nos relations aux autres, finalement nous possède. Elle est notre « démon ». C’est peut-être pour ça que la guérison ne consiste pas seulement à éradiquer le mal, il faut accepter d’en être dépossédé, le laisser filer ailleurs, et accepter de se reconstruire sans lui. Les deux hommes ont-ils accepté de faire ce deuil difficile ? On ne sait. Les gens du village, mécontents, semblent leur prêter voix et demandent à Jésus de passer son chemin…



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43 commentaires

C'est une rélité le mal est en nous. Nous l'acceptons chaque jour. Mais comment faire pour le faire sortir et changer notre facon d''agir? Voila la question.... le temps passe et ne savons pas comment y répondre!

Pouvez-vous nous donner quelques otientations qui puissent nous aider davantage. Merci beaucoup.

Par Luisa Fernanda Arroyave Vélez o.p. 2 novembre 2018 à 17 h 36 Répondre à ce commentaire

Merci, Godelieve ! C'est très intéressant.

Je me suis toujours demandé pourquoi des juifs élevaient des cochons.
C'est donc un système de compromis et de realpolitik...
De la survie, en quelque sorte. Mais pas de la vraie vie ...
Le monde n'a donc pas tellement changé ses règles.
" Voici, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups."

Bonne journée à tous.

Par Paul (Belgique) 26 octobre 2018 à 11 h 47 Répondre à ce commentaire

Cher Paul... bonsoir...
Il faut savoir que Jésus est en territoire païen, sur l'autre rive dans le pays des Gadaréniens et eux justement élèvent des cochons !
Leur ville de Gadara est une des villes de la Décapole et il y avait des élevages de porcs bien que le métier de gardien de troupeau de porcs était infamant
Il faut savoir aussi que dans les pays non-sunites les porcs étaient sacrés et étaient offerts en sacrifices sanglants pour les Dieux (c.f. ISAIE 65/4 et 66/3)
Bien sûr pour les Juifs c'est un animal impur !!!
cordialement Cl@udio

Par Cl@udio 26 octobre 2018 à 17 h 44

La guérison : accepter d’en être dépossédé, le laisser filer ailleurs, et accepter de se reconstruire sans lui, notre « démon ». Les deux hommes ont-ils accepté de faire ce deuil difficile ? On ne sait. Les gens du village, mécontents, semblent leur prêter voix et demandent à Jésus de passer son chemin. Apprends- moi Seigneur à vouloir la guérison, "que ta volonté soit faîte"

Par quinton 26 octobre 2018 à 10 h 43 Répondre à ce commentaire

un beau gaspillage de cochons,
bien sûr et si en plus le cochon est interdit en Israël mais que le troupeau sert à nourrir les légions romaines dont la 10 e (cantonnée en Judée) qui a pour enseigne le cochon, la vie elle-même devient plus compliquée et dangereuse pour ces pauvres gens de la ville qui pourraient bien redouter la colère et les représailles des romains.
Il est aussi remarquable que les hommes de la ville préfèrent prendre un autre chemin plutôt que d'affronter les démoniaques...nous n'aimons pas que l'ordre naturel des choses soit bousculé, nous aimerions ne pas voir ce qui se passe... Jésus lui ne rebrousse pas . qui peut faire comme lui, avec lui ? chacun d'entre nous . Merci à tous ceux qui le font. encourageant les frères et sœurs au long de leur marche.

Par Godelieve 26 octobre 2018 à 0 h 10 Répondre à ce commentaire

Merci, Godelieve ! C'est très intéressant.

Je me suis toujours demandé pourquoi des juifs élevaient des cochons.
C'est donc un système de compromis et de realpolitik...
De la survie, en quelque sorte. Mais pas de la vraie vie ...
Le monde n'a donc pas tellement changé ses règles.
" Voici, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups."

Bonne journée à tous.

Par Paul (Belgique) 26 octobre 2018 à 11 h 47

Très difficile a comprendre ce texte et le commentaire me laisse un peu sur ma faim....les gens du village sont comme moi puisqu'ils demandent à Jésus de les quitter.

Par bages-limoges 25 octobre 2018 à 21 h 04 Répondre à ce commentaire

Cette souffrance, venant d'une blessure toujours à vif, est devenue partie intégrante de notre vie, si bien que l'on n'imagine pas vivre sans se souvenir de son origine. Cette méditation apporte un éclairage intéressant sur des attitudes, des ressentiments qui durent dans le temps. On pourrait penser que des personnes aiment cultiver leur mal-être. Je ne dirais pas qu'il s'agit d'une blessure apprivoisée puisqu'elle fait encore tant souffrir. Que resterait-il en effet si l'on faisait l'effort ou si l'on décidait de regarder ailleurs ? Etre dépossédé de cette blessure n'est-ce-pas renoncer un peu à ce que nous sommes ? à ce que nous avons construit sur elle et avec elle ? Les poisons que sont le ressentiment la rancune, l'animosité sont des démons qui obscurcissent notre discernement. Merci frère Jocelyn pour cette méditation éclairante.

Par mahona 25 octobre 2018 à 20 h 55 Répondre à ce commentaire

C'est en effet un texte difficile à comprendre. C'est surprenant la façon de marchander, de négocier des démons avec Jésus, ils lui demandent d'entrer dans les porcs; et Jésus accepte ! je pense que ce qui est important tout de même pour Jésus, c'est de libérer ces deux malheureux, ces enfants de Dieu, de l'emprise du Malin. Les démoniaques sont libérés, ceux qui les faisaient paître s'enfuient et vont raconter tout ce qui s'était passé.
Au verset 34, on voit toute la ville sortir à la rencontre de Jésus, on s'attendrait à la voir se réjouir de voir ces deux hommes libérés de l'emprise du démon et à acclamer le Seigneur ! mais non, ils lui demandent de quitter le territoire.
Ils se renferment sur leur méfiance. Ils ne voient que la perte de leur élevage de cochons, plutôt que d'accueillir le Seigneur.
Savoir se déposséder de certains biens pour faire de la place en nos coeurs et accueillir Jésus, le Fils de Dieu qui vient libérer nos vies de tout esclavage.
Marana Tha ! Viens, Seigneur Jésus !

Par Marie Jeanne 25 octobre 2018 à 18 h 53 Répondre à ce commentaire

Désolée ce texte ne s'adressait pas particulièrement à vous Marie-jeanne. J'ai eu un problème informatique hier. Je vais le déplacer. Cordialement.

Par Lorette 26 octobre 2018 à 12 h 49

La véritable raison pour laquelle tu ne réussis pas toujours ta méditation, la voici –- et je ne me trompe pas ! Tu commences ta méditation dans l'agitation et l'anxiété. Cela suffit pour que tu n'obtiennes jamais ce que tu recherches, car ton esprit n'est pas concentré sur la vérité que tu médites et il n'y a pas d'amour dans ton cœur. Cette anxiété est vaine. Tu n'en retireras qu'une grande fatigue spirituelle et une certaine froideur de l'âme, surtout au niveau affectif. Je ne connais à cela nul autre remède que celui-ci : sortir de cette anxiété. C'est en effet un des obstacles majeurs à la pratique religieuse et à la vie de prière. Elle nous fait courir pour nous faire trébucher.

Je ne veux vraiment pas te dispenser de la méditation simplement parce qu'il te semble que tu n'en retires aucun profit. Au fur et à mesure que tu feras le vide en toi-même, que tu te débarrasseras de cet attachement dans l'humilité, le Seigneur te fera le don de l'oraison qu'il garde dans sa main droite. Padre Pio Une Parole.

Par Lorette 25 octobre 2018 à 17 h 04 Répondre à ce commentaire

Cher frère Jocelyn, chers amis,
quel texte difficile à comprendre nous partageons là !
Permettez-moi d'essayer une réponse.

Par quoi sont possédés ces deux hommes ?
Par des « esprits mauvais ».
Je ne sais pas exactement ce qu’est un esprit mauvais.
Pas plus que je n’ai de réponse à l’existence de la souffrance
dans notre vie de tous les jours.
Mais nous sommes, malgré tout, dans ce texte, au cœur de celle-ci.

Notre société essaie de s’accommoder
à la réalité de cette souffrance.
Elle a même introduit dans notre société
le statut social, et même légal parfois, de victime.

Je crois pourtant qu’aimer
ce n’est ni plaindre, ni accuser ou venger.

Aimer, c’est être avec.

Jésus est le premier à être entièrement avec chacun de nous.
« Je suis avec toi, pour moi tu es unique.
Je t’aime, Je te pardonne, Je t’invite à pardonner ».
Jusqu’à la mort, jusqu’à notre Résurrection.

Et cela les esprits mauvais de ces deux pauvres bougres n’en voulaient pas…
Ils savaient que le Fils est venu pour vaincre les illusions
de tous nos comportements mortifères.
Qu’il allait vaincre la mort « avant le moment fixé ».

Le Christ, ce jour-là, nous a montré Sa puissance.
Même les esprits mauvais lui obéissent.

Mais la ville - la société, nous ! - n’a pas vraiment apprécié.
Pour la ville, ce fut surtout un beau gaspillage.

La ville n’a pas vu la Bonne Nouvelle : celle des deux possédés enfin guéris.

Bonne journée, vraiment.

Par Paul (Belgique) 25 octobre 2018 à 16 h 12 Répondre à ce commentaire

Pour la ville, ce fut surtout un beau gaspillage de cochons.

Par Paul (Belgique) 25 octobre 2018 à 17 h 07

Ce texte me fait penser à mes parents âgés, ils se plaignent toute la journée, sont toujours plus malades que les autres, plus fatigués , plus seuls.... Les examens médicaux , les rencontres avec les spécialistes montrent qu'il n'en ait rien. Ils persistent, ils ont besoin de cela pour se sentir exister et nous prennent en otages, tout cela fait souffrir, ils sont" possédés " et par leur soit disant maladie. Ils font de moi ainsi leur possession et leur jouet. Heureusement que grâce à la prière et mon amour pour Dieu j'arrive à tenir le mieux possible.
Bonne journée à vous tous
Blandine

Par CHAUDEY BLANDINE 25 octobre 2018 à 15 h 33 Répondre à ce commentaire

Bonjour, je n'ai pas compris votre méditation, je la trouve plutôt d'ordre psychologique que chrétienne, je ne reconnais pas là le message de Jésus.

Par Mon Ange 25 octobre 2018 à 13 h 49 Répondre à ce commentaire

C'est bizarre cette espèce de cage qui me bloque la poitrine...
"Les cochons de Panurge"... possédés? possédant?
dépossédés? dépossédant?...
Attention les enfants danger? gare au "cléricalisme"?
A qui donner ses perles?
Qui garde les porcs, et où, et comment?

Oh, surtout ne pas se retourner, s'éloigner un peu plus...

Par & 25 octobre 2018 à 11 h 11 Répondre à ce commentaire

L'athéisme, l'anticléricalisme revendiqués, le refus de se laisser emprisonner dans des croyances peuvent être aussi des cages d'où il devient, à la longue, difficile de sortir.

Par Lorette 26 octobre 2018 à 20 h 27

C'est sur, si vous êtes dans la cage...
Mais l'univers dans tout ce qu'il a de connu et d'inconnu, de visible et d'invisible, n'est pas une cage, tout l'inverse. C'est le royaume de la liberté. Mais cette liberté peut devenir prison sans la confiance. Les religions peuvent amener à cette confiance en tout, ou plutôt à cette innocence de l'enfance retrouvée, qui ne craint plus... Et parfois on "Reste dans sa religion", parfois on en sort parce qu'on y est trop à l'étroit...

Par & 28 octobre 2018 à 10 h 08

Merci frère Cyril pour votre méditation de ce jour . Je n’avais pas perçu le sens de cet enseignement. . Il y a beaucoup à dire et faire pour nous libérer comme le veut le Seigneur.
En communion de prière avec tous les retraitants .
Marguerite

Par Voisin 25 octobre 2018 à 5 h 44 Répondre à ce commentaire

Cette "chose" avait pris possession de moi, et je ne le savais pas. Elle ÉTAIT moi. Comment dès lors la reconnaître ? Quelquefois j'étais étonnée de cette violence. Mas une fois la tempête apaisée, jamais avant, jamais pendant : je n'avais alors pas le temps de penser, j'étais emportée dans ce tourbillon, contre ce mur d'orages, et ne reprenais mon souffle et mes esprits qu'une fois à terre, le grand silence revenu. J'avais bien un peu honte, comme quelqu'un qui aurait dégrisé, mais je me trouvais des excuses: certes c'était exagéré, ces réactions, certes mes sentiments étaient exacerbés mais c'était moi, c'était mon caractère, ma nature, et je n'avais pas à en rougir. C'était ce que je me disais pour ne pas me sentir coupable. J'en étais même un peu fière, au fond. J'avais du caractère. J'ai commencé à comprendre que quelque chose n'allait pas le jour où j'ai fait une crise de panique. Puis une autre. Quand je suis arrivée à ce moment extrême où je ne pouvais plus même sortir de chez moi, j'ai compris que cette chose n'était pas moi et que je n'étais pas elle. Ce qui voulait prendre possession de moi au point de me rendre aliénée, autre, étrangère à moi-même, je pouvais à présent la regarder en face: elle n'était plus moi. Oh certes. elle rôde toujours et quelquefois, de moins en moins , elle revient sans crier gare, cette garce, cette voleuse. Mais maintenant je la connais et je ne veux tout simplement plus en être dépendante. Je la dépose aux pieds de Jésus..Qui d'autre ?

Par Lorette 24 octobre 2018 à 21 h 38 Répondre à ce commentaire

Merci pour ce témoignage Lorette, je m'y suis, en partie retrouvée, depuis la lecture du frère Jocelyn ce matin, j'étais toute remuée et je me demandais comment mettre en paroles ce que j'éprouvais, ressentais...et voilà que tu mets les mots qui me manquait,.de tout coeur merci. J'ai découvert il y a quelques années, après la lecture des livres de Simone Paquot, que ce n'était pas mon être profond qui réagissait en certaines circonstances mais une blessure, qui remontait régulièrement, de ma prime enfance, quand j'ai pu mettre un nom dessus, j'ai petit à petit pu quitter ce chemin de mort, mais ce n'est pas évident, comme toi je ne veux plus être dépendante, aussi dans la prière je me remet entre les mains de Jésus, en toute amitié, kat

Par Kat 24 octobre 2018 à 22 h 51

Bonjour Kat. je suis heureuse que mes mots aient pu résonner partiellement en toi. C'est un peu le but de ce partage, outre de nous libérer. Moi-même j'ai été aidée par des commentaires et encouragée à m'exprimer en toute sincérité, sans fard ni crainte du ridicule. Et j'en perçois déjà les fruits : ce matin , la pieuvre allait revenir et j'ai pensé à ce que j'avais écrit hier soir : je me suis jetée dans les bras du Seigneur et la Paix est revenue. tu sais , c'est ce que dit la Genèse 4,7 "le péché est accroupi à ta porte. Il est à l’affût, mais tu dois le dominer. » Il faut avoir conscience que ce combat pour certains de nous ne finira qu'avec notre vie terrestre mais aussi que ce fardeau est trop lourd pour nous et que quelqu'un veut bien le porter à notre place. Notre part à nous, je crois, c'est simplement de faire ce geste de nous retourner vers le Très Haut et d'arracher ce qui veut sucer notre sang jusqu'à la moëlle des os en le mettant vite aux pieds du Seigneur. C'est une parole de Padre Pio, après avoir lu la méditation de frère Cyrille, qui m'a fait réaliser cette "dépendance". je vais la mettre à part plus haut ça pourra peut-être aider quelqu'un. Je pense bien à ta petite Selia , Kat, et à ses parents et grand-parents. Je ne sais pas comment prier pour elle. Je sais que ces enfants débordent d'amour et je remercie Dieu et je le prie de vous donner à tous la force d'aimer et de porter avec lui cette souffrance " Sans moi vous ne pouvez rien faire". Jean 15,5.

Par Lorette 25 octobre 2018 à 12 h 42

Kat, je t'avais mis une longue réponse, qui n'est pas passée je ne sais pas pourquoi. Bah! Mystère. Je te disais que certains comme toi ou moi ou d'autres devraient lutter toute leur vie pour s'abandonner totalement à Dieu. Je pense à ce verset de la Bible qui dit " Le mal est tapi à ta porte et toi tu devras le vaincre".Gen, 4,7. Dans le même ordre d'idées je dépose plus haut une parole du Padre Pio sur la dépendance à l'anxiété qui empêche de prier et méditer. Je l'ai vue juste après avoir lu la méditation du frère Jocelyn, si juste. "L'antique ennemi" comme on l'appelle quelquefois, ne se sert-il pas justement de nos failles psychologiques- l'imagination surtout-pour nous attaquer? Merci de ton soutien. Selia et ses parents sont dans mes pensées. Comment prier pour elle et pour vous autrement qu'en remerciant Dieu pour tant d'amour? Amitiés.

Par Lorette 25 octobre 2018 à 17 h 01

De tout coeur merci Lorette, ma prière pour Sélia et ses parents (nos enfants) est simplement celle-ci, demander au Seigneur de nous aider à Lui faire confiance et que cette confiance reste en nous, même quand nous ne sommes pas exaucés dans ce que nous espérions, amicalement kat

Par Kat 26 octobre 2018 à 12 h 31

Merci frère Jocelyn,
Je pense que vous connaissez Eckhart Tollé qui dit que garder et cultiver sa souffrance rajoute à la souffrance. On est en quelque sorte possédé par sa propre souffrance et la libération ne peut venir que de l'espace intérieur de chacun si on veut y avoir accès. La clé de l'accès est la parole du Christ qui libère. Où va alors la souffrance ? Elle disparaît dans les porcs et la mer qui lave tout. Sauf que la mer est maintenant aussi en souffrance avec les pollutions que nous lui faisons subir et commence à réagir à notre maltraitance. Les plaies du Christ ne disparaissent pas de son corps de ressuscité, elles sont visibles comme témoignage.

Par Joseph 24 octobre 2018 à 19 h 28 Répondre à ce commentaire

Merci beaucoup pour cet éclairage :ce construire sur la souffrance.cela va me servir demain, et j’espère ouvrir une autre voie ,la paix intérieure.
merci ,je rend Grace a Dieu

Par jnc 24 octobre 2018 à 18 h 38 Répondre à ce commentaire

"Les gens du village, mécontents, semblent leur prêter voix et demandent à Jésus de passer son chemin…"
Là je me demande si ce n'est pas vous qui leur prêtez votre interprétation?...
Ce que ce passage me dit au fond en cette fin d'après midi, c'est que ceux qui ont peur de Jésus, le fuient et le rejettent, ne sont pas forcément ceux qu'on croit. Et les possédés n'ont finalement pas grande importance dans cette histoire. Il n'est même pas mentionné ce qu'ils sont devenus.
Et deuxièmement, par rapport au fait que Jésus expulse les démons. Si je lis bien, ce sont les démons qui parlent d'être expulsés. Jésus lui se contente de leur dire "allez" et les démons sortent et s'en vont dans les porcs. On est loin d'une expulsion manu militari! Ils sont drôlement sages et obeissants ces démons!!!...
On peut même être saisi d'étonnement que même les démons obéissent à Jésus. Contrairement peut-être à ces gardiens qui fuient et ces villageois qui vont à la rencontre de Jésus...
Chère Audrey je vous rejoins aussi dans votre interprétation... Mais la question que je me pose, moi, avec un peu d'humour ou sans, c'est plutôt: quel est ce grand troupeau de porcs au loin qui cherche sa nourriture???...

Par & 24 octobre 2018 à 18 h 03 Répondre à ce commentaire

Je me suis aussi posé la question, chère &! J'ai dû réduire mon commentaire pour pouvoir le poster, mais dans sa première version, j'avais écrit : "C'en est trop pour les gens de la ville car, comme un troupeau se jetant dans les flots, la guérison des possédés se voit." Il m'avait semblé que c'était là, peut-être, une réponse. Leur vie est transformée, bouleversée et cela se voit. Choquant pour tous ceux enfermés dans leurs certitudes comme ces gens dans leur ville. Ne sont-elles pas tombes, elles aussi, ces certitudes? Dès lors, il y a deux attitudes, la fuite, comme vous le dites, le refus d'entrer dans cette rencontre que ces deux hommes ont, eux, acceptée. Peut-être n'en dit-on pas plus sur eux parce que l'essentiel a été dit, en cette rencontre qui a eu lieu. Le reste n'appartient qu'à eux et à Dieu.
(Côté humour, je n'ai pas pu m'empêcher également de penser à un hashtag célèbre ces temps derniers... Curieuse connexion avec ce refus d'être traité comme un objet, d'être, de fait, 'possédé', non? )
Belle journée à toutes et tous!

Par Audrey 25 octobre 2018 à 10 h 42

ce matin ce commentaire tombe pile poile dans mon jardin, je ne sais pas comment remercier frère Jocelyn de son commentaire, il me touche particulièrement je le vis en ce moment avec mon époux, il est à fleur de peau, il met barrage , ne supporte la moindre remise en question, je ne l'en veut pas mais je sais qu'il souffre à cause dans
doute une blessure.
Je continue à prier et jeûner pour lui j'espère je récolterai des fruits rien n'est impossible à Dieu.

Par GRANVILLE 24 octobre 2018 à 15 h 01 Répondre à ce commentaire

C'est tout à fait vrai ce que vous écrivez au sujet des "possédés/possédants", merci.

Seigneur, délivre-nous de notre 'démon'
Ne nous laisse pas enfermés dans cette 'possession'
...et surtout,
( en attendant la guérison ! )
que nous ne faisions pas souffrir les autres par notre irritabilité, notre intransigeance.

Par AHV 24 octobre 2018 à 14 h 32 Répondre à ce commentaire

Je suis frappée par le fait que, ni en Mat ch 8, ni en Marc ch 5,les possédés ne demandent rien à Jésus. Seule leur souffrance s'exprime et avec cette souffrance leur violence et leur peur de changer. Et devant cette souffrance qui parle d'elle-même comme un appel au secours, Jésus vient les guérir.
Et ce ne sont pas eux non plus qui, devant les conséquences de cette guérison demandent à Jésus de passer son chemin!
Dans Marc, le possédé lui parcort la pays en témoignant de ce que Jésus a fait pour lui.

Prière:
Seigneur Jésus, viens vite à mon secours ;
Sans arrêt, nuit et jour, j’erre dans mes tombeaux,
Je crie contre moi et je me lance des pierres,
pour me blesser à mort, me garder loin de Toi.

Mais je te vois de loin et je me précipite,
et dans ma solitude, humblement je t’implore :
ne me laisse plus seule , dis-moi, que me veux- tu ?
Mon Dieu, fais un miracle, je l’accepte, aide-moi.

Je l’accepte ? j’accepte la violence de ce retournement ?
Ou bien ai-je trop peur de ce bouleversement ?
Suis-je comme les témoins du possédé guéri
qui te supplient Seigneur de quitter leur pays ?

Suis-je ce possédé qui te cherches de loin ?
Celui qui veut guérir et de Toi se rapproche ?
Ou celui qui repousse, sans fin la guérison
car bien trop effrayé des effets qu’elle entraîne.

Mais contre cette peur d’exigences nouvelles,
montre moi le chemin d’une liberté nouvelle.
Si je te dis vraiment ce « oui » que Tu attends,
je pourrai témoigner du bien que Tu me fais.

Par Sasasita 24 octobre 2018 à 12 h 28 Répondre à ce commentaire

merci beaucoup tout a fait d accord !!

Par FRANCINE 24 octobre 2018 à 12 h 05 Répondre à ce commentaire

Merci de cet éclairage! Depuis qqs mois, je suis devenue assez irritable. Si je cherche pourquoi, je peux parfois comprendre et mettre "le doigt dessus": je prie et m'efforce de balayer cette souffrance ( plus ou moins profonde) , et je me sens mieux et plus ouverte à autrui; Hélas, il arrive qu'une autre difficulté , contrariété ou même blessure vienne mettre à terre cette analyse rassurante, car quand quelqu'un d'autre en est la cause et que vous ne pouvez l'exprimer, cela devient un mal être sans fin ! Alors je cherche ce qui est beau dans ma vie pour chasser les idées noires.
Que cette journée soit belle pour tous!

Par Jacquline B 24 octobre 2018 à 10 h 53 Répondre à ce commentaire

Bel éclairage, si vrai! Reste à nous libérer de la plainte: cela nous allègera alors de l'excès de souffrance sur lequel elle prospère! Mais est-il si facile d'être libre??? Continuons à suivre Matthieu pas à pas...

Par Brigitte 24 octobre 2018 à 10 h 04 Répondre à ce commentaire

Cet épisode est très parlant et votre commentaire est une lumière pour vivre l'expérience de la souffrance qui imprègne tout notre être et nous possède en nous rendant esclave, change notre regard de ce qui nous entoure : les personnes, la compréhension des évènements. La souffrance nous conduit vers l'égoïsme ce qui est le contraire de l'ouverture du cœur qui nous fait rejoindre les autres dans leur réponse à la construction d'un monde meilleur. L'invitation à " accepter d’en être dépossédé, le laisser filer ailleurs, et accepter de se reconstruire sans lui" m'éclaire, et je suis bien d'accord mais comment ? La prière est parfois sans réponse alors même que des moyens "humains" n'apparaissent pas. Je cherche un conseil. Colette

Par Colette 24 octobre 2018 à 9 h 29 Répondre à ce commentaire

Oui, Frère Jocelyn, "la guérison ne consiste pas seulement à éradiquer le mal, il faut le laisser filer ailleurs" ou plus symboliquement "tirer la chasse d'eau" dans ce geste bénéfique qui élimine ce qui pourrirait notre vie...Cette "parabole" de la chasse d'eau concrète, et chargée de sens...peut surprendre? elle est d'une grande efficacité...Oui! il est des êtres qui ressassent sempiternellement les mêmes blessures, qui demandent sans cesse à être consolés, car ils en ont des "bénéfices secondaires"...Que seraient-ils sans leurs blessures? attireraient-ils encore l'attention? "Laisser filer" ce qui a fait mal est un geste concret(tirer la chasse d'eau) qui libère, évitant ainsi de "polluer" les relations humaines...Par ce geste très concret, nous pouvons nous délester de ce qui nous a alourdis pour non seulement nous libérer nous-mêmes, mais libérer aussi les autres... Et en contemplant Jésus, en le regardant agir, nous intériorisons cet encouragement: "Allez"! allez dans la joie de l'allègement...Gratitude ce jour pour cet "Allez" de Jésus! ...Gratitude envers ce guide hors pair! Et si nous l'écoutions davantage?

Par Emma 24 octobre 2018 à 9 h 22 Répondre à ce commentaire

Ils sortent d'entre les tombes... "L'ennemi cherche ma perte, il foule au sol ma vie ; il me fait habiter les ténèbres avec les morts de jadis" dit le ps 142. C'est bien le pouvoir qu'a parfois sur nous le passé qui, sans que nous en ayons conscience en certains cas, ou même souvenir, traumatismes trop grands que notre cerveau a enfouis mais qui, à notre insu, nous conditionnent, nous possèdent. Vie 'foulée au sol', empêchée de se déployer, tant, sans le réaliser pleinement, ces 'morts de jadis' nous retiennent. Nous coupent des autres, comme ces hommes que personne ne pouvait approcher.
Or voici que Jésus arrive et que les possédés sortent à sa rencontre. Il est là le mouvement décisif, la rencontre salvatrice. C'est elle qui révèle au grand jour ce qui était enfoui, comme en ces tombes. C'est elle qui, enfin, de toute souffrance fait sens. Long et douloureux périple qui ferait parfois dire, oui:"est-ce mon tourment, Seigneur, que tu veux?" Mais les possédés parlent à Jésus, et là est peut-être la clé. Ils ne fuient pas, ils supplient. Et Jésus fait ce que seuls ils n'auraient pas pu: il les libère de ce poids du passé, de ces chaînes qui les retenaient.
C'en est trop pour les villageois. Ils pensaient les connaître, les posséder eux aussi, et voilà devant eux des hommes libres, sur lesquels ils n'ont plus d'emprise. Intolérable! Le chemin à Jésus n'est plus barré, mais loin de s'avancer pour le prier eux aussi, ils refusent la rencontre. Qui sont alors les possédés?
Merci!

Par Audrey 24 octobre 2018 à 8 h 19 Répondre à ce commentaire

Très chère Audrey, comme tes paroles font écho en moi ! tu dis ce que moi-même aimerai écrire, mais tu sais mieux l'exprimer. Ce passé, ces démons qu'on a encore en nous, qui nous collent comme une deuxième peau, qu'on a du mal à chasser, qui nous tiennent prisonniers de notre passé...
Aujourd'hui, je veux avoir le courage de dire : Reste avec nous, Seigneur, que ton règne vienne !
Merci Audrey, merci à vous frère Jocelyn.

Par Marie Jeanne 24 octobre 2018 à 15 h 42

Merci à toi Marie Jeanne et courage! Nous sommes avec toi!

Par Audrey 25 octobre 2018 à 10 h 49

c'est impressionnant de voir les gens , dire à Jésus de partir . pourtant c 'est le Salut qui déjà opère la délivrance , des "démons reconnaissent le Fils de Dieu , avouez que c'est
dire aux autres , le péché fait du tort à tout le monde .Si l 'on renie Dieu , Lui jamais .
Ces démons qui sont meurtrissures , maladies , traumatismes , et j 'en passe . La charité
parfois est dérangeante , dans nos habitudes matérielles , prendre le large avec Jésus
par contre ne fait pas de nous des gentils , mais contribue à comprendre ce que la compassion , Le Verbe fait chair , peut si l 'on accepte vraiment , même avec la tentation ,Il nous donne le moyen d'en sortir , et la force de supporter les épreuves .
Le salut est entré dans cette maison , dit un passage , mais qu'il soit paix du Christ .
Je ne suis pas digne , Seigneur de Te recevoir , mais dit seulement une Parole ...

Par fred 24 octobre 2018 à 7 h 37 Répondre à ce commentaire

Merci Frère Jocelyn pour ce commentaire remarquable qui va nourrir aujourd’hui ma pensée . Oui , nous construisons des remparts , même autour de la souffrance, afin que celle-ci nous serve (inconsciemment) de nouvelle identité. Et la plainte prend une place trop importante, celle qui va venir modifier , masquer l’identité vraie à laquelle ma vie devrait se référer : celle d’enfant de Dieu. Celle-ci me déloge du repli sur moi-même, « tour infernale » qui veut dominer et qui reste inaccessible à la Parole.
Merci.

Par Nicole B 24 octobre 2018 à 7 h 34 Répondre à ce commentaire

Merci,frère Jocelyn pour cet éclairage si profond et subtile d'un texte que j'avais jusque là trouvé irritant et du domaine du "conte à dormir debout"
C'est un dur chemin de se déposseder de certaines frustrations et blessures !
Bonne et sainte journée à tous.

Par Annie2 24 octobre 2018 à 7 h 27 Répondre à ce commentaire

Bonjour,

Je n'avais jamais vu ce texte comme cela... Jamais je n'aurais pensé que la souffrance pouvait posséder. C'est impressionnant les chemins que vous ouvrez dans ma vie.
Merci.
Gisèle

Par POURCHAS 24 octobre 2018 à 7 h 17 Répondre à ce commentaire
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